Une chose en constitue une autre lorsqu’elle en est une partie essentielle à l’unité du tout. La question porte par conséquent sur le rapport qu’entretient la conscience avec la connaissance de soi, et plus exactement sur le rôle que peut jouer la conscience dans la connaissance de soi. Mais c’est bien la connaissance de soi qui est la finalité de cette question. Il faut donc commencer par tenter de la définir.

Très simplement, la connaissance de soi est le savoir que l’on peut obtenir sur soi à partir de soi. Mais ce savoir doit être entendu au sens d’une certitude et non d’une impression ou d’une illusion. Se pose ainsi le problème de l’objectivité de ce savoir.

Car si je suis en un sens le mieux placé pour savoir qui je suis, étant le sujet de mes pensées et de mes actes, je risque aussi d’être partial dans la connaissance que j’ai de moi. Je suis à la fois juge et partie: sujet et objet de cette connaissance. Pour être objective, toute connaissance doit séparer le sujet et l’objet de la connaissance. Or ce ne peut être le cas lorsqu’il s’agit de se connaître soi-même.

La question propose une alternative: condition ou bien limite? Ces termes s’opposent. Une condition est ce qui est nécessaire: ce sans quoi une chose ne peut pas exister. C’est pourquoi on peut se demander si la conscience est une condition nécessaire à la connaissance de soi. La connaissance de soi ne commence-t-elle pas avec la conscience? C’est bien ce que suggère son étymologie cum scientia : « ce qui s’accompagne de savoir ».

Mais la conscience est également le lieu de nos interrogations, de nos doutes, de nos incertitudes et de nos illusions. Elle ne garantit donc pas une connaissance objective. La conscience que j’ai de moi ne correspond pas toujours à ce que le jugement des autres me permet d’apprendre sur moi-même, ou à ce que la confrontation avec la réalité me permet de comprendre, parfois douloureusement lorsqu’elle s’oppose aux représentations que j’avais.

On en vient ainsi à l’idée que la conscience pourrait limiter la connaissance de soi, c’est-à-dire la restreindre mais aussi la fausser.

Une limite est ce qui empêche d’aller plus loin. Elle met un terme à une progression. Se pose alors la question de savoir si la conscience ne fait pas obstacle finalement à une connaissance de soi objective. Avec la conscience, la connaissance de soi ne reste-t-elle pas malgré tout partielle? Mais en un autre sens, une limite constitue une chose. Ainsi une frontière qui définit le territoire. Il faut donc accorder aussi une valeur positive à l’idée de limite. La limite peut être constitutive, elle ne fait pas toujours obstacle.

Nous voyons par cette analyse des termes du sujet que la question pose le problème de l’objectivité de la connaissance de soi (et non de l’identité, comme dans la question « peut-on ne pas être soi-même? »).

Nous voyons aussi que dans ce problème il faudrait distinguer finement condition et limite puisqu’on ne peut pas seulement les opposer purement et simplement. Car la conscience est à la fois comme une condition et une limite. Pour résoudre le problème il conviendra donc de ne pas les séparer au cours du développement (ne pas faire une partie sur la conscience comme condition, puis une autre sur la conscience comme limite).

Citation

Ils ont inscrit des signes de sang sur le chemin qu’ils suivaient


Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, « Des prêtres », 1885

« Ils ont inscrit des signes de sang sur le chemin qu’ils suivaient, et leur folie enseignait qu’avec le sang on témoigne de la vérité.

Mais le sang est le plus mauvais témoin de la vérité; le sang empoisonne la doctrine la plus pure, et la transforme en folie et en haine des cœurs.

Et si quelqu’un traverse le feu pour sa doctrine, — qu’est-ce que cela prouve? C’est bien autre chose, en vérité, quand du propre incendie surgit la propre doctrine ».

Sondage sur le bonheur au travail

Une satisfaction professionnelle moyenne avec un clivage des salariés, écho à la fracture sociale et dénotant un malaise expliqué par une crise des principales facettes du bonheur au travail (émotions, satisfaction, sens).

  • Une note moyenne de satisfaction professionnelle de 5,3 sur 10.
  • Un clivage marqué entre des actifs très satisfaits (23%) et très insatisfaits (18%) de leur situation professionnelle. Ces chiffres font écho à la fracture de « deux France » : la thématique du bonheur au travail, aux yeux des plus démunis, apparaît comme une utopie, voire une provocation ou même une négation.
  • 34% d’actifs insatisfaits dans leur travail que l’on peut corréler à la place extrêmement forte qu’occupe le travail dans la vie des Français, et donc au poids des attentes dans le paysage professionnel ;
  • 13% des actifs sont à mi-chemin (avec une note de 5), prêts à basculer dans le mal-être ou le mieux-être.
  • Un ressenti négatif conséquent : 1 salarié sur deux (51%) ressent du stress ou de la fatigue au travail et un quart s’ennuie au travail (26% – bore out). Ils ne trouvent pas de sens (44% – brown out) ou se sentent en situation de surmenage ou burn out(24%).

http://fabriquespinoza.fr/10-octobre-deux-france-bonheur-travail-barometre-national-bonheur-travail/

Dieu existe. En voici la démonstration.

La raison contraint à croire que Dieu n’est pas qu’une idée.

« Nous croyons que tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé. Est-ce qu’une telle nature n’existe pas, parce que l’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas ? Mais du moins cet insensé, en entendant ce que je dis : quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, comprend ce qu’il entend ; et ce qu’il comprend est dans son intelligence, même s’il ne comprend pas que cette chose existe. Autre chose est d’être dans l’intelligence, autre chose exister. […] Et certes l’Être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, ne peut être dans la seule intelligence ; même, en effet, s’il est dans la seule intelligence, on peut imaginer un être comme lui qui existe aussi dans la réalité et qui est donc plus grand que lui. Si donc il était dans la seule intelligence, l’être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé serait tel que quelque chose de plus grand pût être pensé. »

— Anselme de Cantorbéry, Proslogion (Xie siècle)